CONGRES DE REIMS

 

 

 

 

SECRETARIAT NATIONAL

Premier secrétaire  : Martine AUBRY

Secrétaire national chargé de la rénovation : Arnaud Montebourg

Conseiller politique auprès de la première secrétaire : François Lamy

Chargé de la coordination : Harlem Désir

Porte parole : Benoît Hamon

Conseiller pour les finances et la fiscalité : Didier Migaud

Conseiller auprès de la première secrétaire : Gilles Pargneaux

Conseiller aux relations avec les fondations et aux revues : Alain Bergounioux

Secrétariats thématiques

Culture : Sylvie Robert

Défense : Clotilde Valter

Droits de l’Homme : Pouria Amirshahi

Droits des Femmes : Zita Gurmaï

Économie : Michel Sapin

Éducation : Bruno Julliard

Enseignement supérieur / Recherche : Bertrand Monthubert

Environnement : Laurence Rossignol

Europe et Relations Internationales : Jean-Christophe Cambadélis

Formation professionnelle et sécurité sociale professionnelle : Pascale Gérard

Immigration : Sandrine Mazetier

Industrie et NTIC : Guillaume Bachelay

Justice : André Vallini

Libertés publiques et audiovisuel : Marie-Pierre de la Gontrie

Logement : Nathalie Perrin

Mouvement  associatif et économie sociale et solidaire : Farida Boudaoud

Outre-Mer : En attente

Personnes âgées, handicap et dépendances : Charlotte Brun

Petite enfance : Sibeth N’Diaye

Politique de la Ville : Marianne Louis

Réforme de l’Etat et Collectivités territoriales : Élisabeth Guigou

Ruralité et mer : Germinal Peiro

Santé/sécurité sociale : Mireille Le Corre

Sécurité : Marisol Touraine

Service public : Razzy Hammadi

Sport : Brigitte Bourguignon

Transports : Cécile Ha Minh Tu

Travail et Emploi : Alain Vidalies

Secrétaire national : Patrick Bloche

Secrétariat organisationnel

Animation et développement des fédérations : Alain Fontanel

Communication : François Lamy

Élections, vie des fédérations : Christophe Borgel

Formation : Laurence Dumont

Organisation et adhésions : Pascale Boistard

Relations extérieures : Claude Bartolone

Trésorerie : Régis Juanico

Université permanente et d’été : Emmanuel Maurel

Laboratoire des Idées

Président : Christian Paul

Vice-Présidente : Lucile Schmid

Forum des territoires

Présidente : Marylise Lebranchu

Vice-Président « statut et missions des collectivités locales, finances locales » : Claudy Lebreton

Vice-Président « agir ensemble » : Olivier Dussopt

Vice-Président « échanges et pratiques des territoires » : Philippe Martin

 

 

DISCOURS D'INVESTITURE DE MARTINE AUBRY
25-11-08.

 

Martine Aubry a été élue Première secrétaire du Parti socialiste, à l’issue du Conseil national du 25 novembre. Pour son premier discours comme première des militantes, la maire de Lille a fixé une feuille de route collective : rassemblement et renouvellement profond, dans une ligne politique clairement ancrée à gauche. Voici l’intégralité de son discours.

 

Chers camarades, mon premier mot est : merci.

Le second va immédiatement à Ségolène pour lui dire : ensemble, on va gagner pour les Français. J’en suis convaincue.

C’est bien sûr avec beaucoup d’émotion et de gravité que je reçois la responsabilité que vous me confiez aujourd’hui. Je pense d’abord aux femmes. Aux femmes qui se sont battues avant nous pour qu’existe une parité en politique : après que Ségolène a été la première femme en France portée jusqu’au second tour de l’élection présidentielle, je suis fière, au nom de toutes celles qui se sont battues, d’être la première femme Première secrétaire du Parti socialiste.

C’est une responsabilité lourde, et je ne peux l’accepter que parce que vous êtes là, vous les quelque 200 000 militants du Parti socialiste.

Cette responsabilité de Premier secrétaire a été tenue par des hommes exceptionnels, François Mitterrand, Pierre Mauroy - que chacun comprendra que je salue particulièrement -, Lionel Jospin, Michel Rocard, Laurent Fabius, Henri Emmanuelli aussi et bien sûr toi, François, à qui je pense tout particulièrement ce soir.

Je voudrais d’abord m’adresser aux militants. Aux militants parce que, dans ce congrès, jour après jour, soir après soir, j’en ai rencontré beaucoup. Tous ont défendu ce qu’ils croient profondément. Ils l’ont fait par fidélité aux valeurs du socialisme et parce qu’ils avaient la conviction que leurs réformes étaient les bonnes pour notre Parti et pour les Français.
Je crois que nos débats et nos échanges ont été à la hauteur de ce qu’est notre Parti :  un immense parti démocratique.
Alors, on peut rire, on peut se moquer de nos débats, de nos discussions, mais j’ai envie de dire à la droite : riez encore quelques jours car dès la semaine prochaine, le Parti socialiste est de retour dans les rues, avec des propositions. Et uni !

Je voudrais dire à tous les militants : bravo pour ce travail. Je voudrais dire à Ségolène et à ses amis - dont je comprends aujourd’hui la déception tout à fait naturelle - que tous, nous avons tous défendu ce que nous croyons juste.
Je crois que si nous voulons changer ce parti, il faut d’abord accepter que nous puissions penser différemment, en nous respectant et j’irai même plus loin, penser différemment en nous faisant confiance. En s’accordant mutuellement le crédit qu’en chacun d’entre nous, réside un seul souci, servir les Français et pour servir les Français : servir le Parti socialiste.
Si nous arrivons dans les jours, dans les mois qui viennent, à donner des signes concrets de cette unité du Parti et de l’ensemble des militants, le congrès de Reims restera comme un congrès utile. Il aura permis à notre parti de changer profondément à un moment où le monde a changé et où les militants nous l’ont demandé, comme ils nous ont demandé de nous renouveler.
Voilà l’état d’esprit qui est le mien.

Les conditions dans lesquelles le vote a eu lieu et les résultats extrêmement serrés qui en découlent ne me donnent que des devoirs. Le premier est, si elle l’accepte, de rencontrer Ségolène. J’ai entendu, comme elle, ce que nous ont dit les militants à Reims et derrière les militants ce que nous ont dit les Français : « Nous voulons retrouver la politique et la gauche, nous voulons un Parti socialiste qui nous défende alors que nous n’avons même plus le courage de nous battre. Trop souvent nous avons l’impression que nos voix ne sont plus entendues par les pouvoirs en place. » Oui, nous allons revenir avec les valeurs qui sont les nôtres, mais aussi avec les réponses d’aujourd’hui, ce qui nécessite beaucoup de travail.

Les militants nous ont dit aussi : « Il faut renouveler profondément le Parti socialiste, ses pratiques, son fonctionnement. » (…)

Notre prochain Conseil national aura lieu le samedi 6 décembre. Une orientation politique et une majorité ont été dessinées lors du congrès. Cette ligne politique, ancrée à gauche, nous impose d’être sur tous les terrains pour défendre les Français ; ceux qui sont inquiets devant les licenciements à venir, pour défendre les Français qui perdent en pouvoir d’achat, pour défendre les services publics qui sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas, pour être capable dès le week-end prochain d’être auprès de nos camarades des partis socialistes et sociaux-démocrates européens pour changer l’Europe,
Il devra y avoir dans les équipes que nous allons constituer des changements profonds. Il faut renverser la table : bien sûr de nouveaux visages, des hommes et des femmes de tous les territoires et de toutes les cultures aux couleurs de la France, une parité absolue dans toutes nos instances ; mais il nous faut aussi changer nos attitudes, nos comportements. Il faut nous rouvrir sur la société, accueillir, écouter des hommes et des femmes qui ont envie de construire un projet de gauche face à cette loi du plus fort que nous impose le libéralisme, face à cette puissance du financier par rapport à l’économie, face à ces inégalités qui s’accroissent dans notre pays et dans le monde.

Il faut faire appel à eux, il faut leur dire :  « Le Parti socialiste est à nouveau ouvert pour travailler avec vous ».

Mon devoir, dans les heures qui viennent, est de faire en sorte que, sur un cap choisi par les militants au congrès, nous soyons capables d’être unis dans un mode de fonctionnement que je vous proposerai, où les élus trouveront toute leur place. Car rien n’est plus étonnant aujourd’hui de voir combien les Français nous font confiance, là où nous sommes, et parfois même nous plébiscitent dans nos villes, dans nos départements et dans nos régions et de constater que nous n’utilisons pas cette force extraordinaire des élus et des militants pour construire le projet de demain. Là aussi, il faudra que cela change.

Nous avons aussi des députés et des sénateurs qui s’opposent aux lois de Sarkozy et aux amendements qui arrivent nuitamment, comme encore dernièrement, pour pousser la retraite à 70 ans. Ces mauvais coups-là, nous devons les affronter ensemble, parlementaires et Parti. Il faut que nous débattions avec les présidents des deux groupes parlementaires, il faut que nous soyons unis pour combattre la droite, mais aussi pour contre-proposer car c’est aussi cela qu’attendent les Français.

Tous les jours on nous annonce un cadeau fiscal pour les plus riches, tous les jours nous apprenons un recul dans le domaine social, que ce soit à la Poste, dans l’audiovisuel, le développement du contrat à durée déterminée… Dans nos collectivités locales nous luttons souvent isolément pour amortir ces attaques de la droite, nous devrons désormais le faire ensemble au sein de notre Parti pour démultiplier nos forces.

Nous avons donc le devoir d’être ensemble. La situation l’exige et nous avons le devoir de nous mettre au travail pour être, dans deux ans, capables de fournir le projet qui permettra à celui ou à celle qui alors sera choisi, de représenter nos couleurs.

Je veux le dire simplement, je veux une équipe unie où toutes les sensibilités se sentent bien. L’équipe unie ne veut pas dire que l’on oublie ses fidélités, je ne demande à personne d’abdiquer ce qu’il est, ce à quoi il croit, la personne à laquelle il est attaché. C’est cela aussi la politique des liens d’affection, de fidélité qui se nouent. Ce que je demande à chacun c’est de dire d’abord : nous sommes tous socialistes nous voulons porter en avant notre parti pour que les Français, à nouveau, retrouvent l’espoir.

Nous avons une feuille de route collective à mettre en place dès demain : rassemblement, renouvellement profond, et travail.

Nous allons le faire, ensemble, pour incarner à nouveau l’espoir. Nous devrons nous dépenser sans compter. Je sais qu’il faudra beaucoup de courage et de ténacité mais je sais que chacun d’entre vous pense actuellement aux militants et aux Français qui, depuis quelques jours, observent ce qui se passe dans notre parti et se lamentent.
C’est en pensant à eux et en pensant à tous les militants que je dis : rassemblons-nous, unissons-nous autour d’une ligne de gauche, celle que nous avons voulue lors de notre congrès, mais aussi autour d’un profond renouvellement qui fera que le Parti socialiste, si j’osais, soit le nouveau Parti socialiste : Qu’il garde l’essentiel, les valeurs de solidarité, d’égalité et de fraternité qu’il a toujours défendues.

 

 

VOTE DE DESIGNATION DES SECRETAIRES DE SECTION

RESULTATS DES SECTIONS DE SAONE ET LOIRE

 

VOTE DE DESIGNATION 1er SECRETAIRE

2ème TOUR – 21-11-08

 

 

EXPRIMES

AUBRY

ROYAL

AIN

437

240

197

AISNES

722

319

403

ALLIER

603

328

275

ALPES DE HAUTES PROVENCE

556

160

396

HAUTES ALPES

175

82

93

ALPES MARITIMES

1178

457

721

ARDECHE

632

274

358

ARDENNES

430

244

186

ARIEGE

1006

395

611

AUBE

248

139

109

AUDE

2908

645

2263

AVEYRON

578

291

287

BOUCHES DU RHONE

6352

1747

4605

CALVADOS

957

569

388

CANTAL

225

105

120

CHARENTES

631

236

395

CHARENTES MARITIMES

1025

313

712

CHER

342

204

138

CORREZE

724

373

351

CORSE DU SUD

158

91

67

HAUTE CORSE

520

390

130

COTE D'OR

1025

313

712

COTES D'ARMOR

1053

519

534

CREUSE

570

306

264

DORDOGNE

1468

654

814

DOUBS

930

469

461

DROME

839

351

488

EURE

868

515

353

EURE ET LOIR

360

184

176

FINISTERE

1842

968

874

GARD

2084

975

1109

HAUTE GARONNE

4507

2368

2139

GERS

964

534

430

GIRONDE

4199

1902

2297

HERAULT

4285

1405

2880

ILLE ETE VILAINE

1428

713

715

INDRE

493

294

199

INDRE ET LOIR

920

378

542

ISERE

2034

890

1144

JURA

309

171

138

LANDES

2116

1417

699

LOIR ET CHER

359

163

196

LOIRE 

636

347

289

HAUTE LOIRE

518

162

356

LOIRE ATLANTIQUE

2289

1099

1190

LOIRET

739

368

371

LOT 

570

203

367

LOT ET GARONNE

924

362

562

LOZERE

174

38

136

MAINE ET LOIRE

704

358

346

MANCHE

485

282

203

MARNE

533

377

156

HAUTE MARNE

169

81

88

MAYENNE

361

74

287

MEURTHE ET MOSELLE

941

514

427

MEUSE

242

153

89

MORBIHAN

837

308

529

MOSELLE

1460

557

903

NIEVRE

917

451

466

NORD

7395

5600

1774

OISE

1308

875

433

ORNE

289

104

185

PAS DE CALAIS

7872

5136

2736

PUY DE DOME

1680

1002

678

PYRENEES ATLANTIQUES

1206

660

546

HAUTES PYRENEES

830

507

323

PYRENEES ORIENTALES

1606

1029

577

BAS RHIN

856

442

414

HAUT RHIN

458

280

184

RHONE

2273

992

1281

HAUTE SAONE

427

225

202

SAONE ET LOIRE

1334

845

489

SARTHE

694

371

323

SAVOIE

369

185

184

HAUTE SAVOIE

475

156

319

PARIS

7150

4054

3096

SEINE MARITIME

3876

3079

797

SEINE ET MARNE

1379

687

692

YVELINES

1516

793

723

DEUX SEVRES

759

175

584

SOMME

1181

432

749

TARN

1055

507

548

TARN ET GARONNE

432

185

247

VAR

1365

490

875

VAUCLUSE

1084

571

513

VENDEE

525

183

342

VIENNE

835

261

574

HAUTE VIENNE

1769

860

909

VOSGES

783

400

383

YONNE

333

195

138

TERRITOIRE DE BELFORT

226

105

121

ESSONNE

2666

1367

1299

HAUTS DE SEINE

2234

1172

1062

SEINE SAINT DENIS

2340

1382

958

VAL DE MARNE

2019

1187

832

VAL D'OISE

1895

1037

858

GUADELOUPE

1865

337

1510

MARTINIQUE

150

19

131

GUYANE

35

26

9

LA REUNION

1695

124

1571

SAINT PIERRE ET MIQUELON

22

15

7

MAYOTTE

227

221

6

POLYNESIE FRANCAISE

0

0

0

NOUVELLE CALEDONIE

0

0

0

F.F.E.

707

366

420

WALLIS ET FUTUNA

0

0

0

 

 

 

 

TOTAL

134800

67451

67349

 

 

50,04

49,96

   

ELECTION PREMIERS SECRETAIRES

PREMIER SECRETAIRE NATIONAL  

1er tour

  SECTION FEDERATION NATIONAL
  VOIX % VOIX % VOIX %
INSCRITS 126   2113   232912  
EXPRIMES 84 66,67 1397 66,11 135283 58,06
NULS ET BLANCS 5   43   2500  
             
AUBRY 43 51,19 632 46,68 46979 34,73
HAMON 25 29,76 338 24,96 30880 22,83
ROYAL 16 19,05 384 28,36 57424 42,45

                                      

2ème tour

  SECTION FEDERATION NATIONAL
  VOIX % VOIX % VOIX %
INSCRITS 126   2113   232912  
EXPRIMES 98 77,78 1334 63,13 134800 57,87
NULS ET BLANCS 2   23   2332  
             
AUBRY 77 78,57 845 63,34 67451 50,04
ROYAL 21 21,43 489 32,66 67349 49,96

 

        

 PREMIER SECRETAIRE FEDERAL  

  SECTION FEDERATION
  VOIX % VOIX %
INSCRITS 126   2113  
EXPRIMES 84 66,67 1301 65,93
NULS ET BLANCS 5   96  
         
DURAIN 60 71,43 1019 78,32
LABONNE 20 23,81 214 16,45
BRETIN 4 4,76 67 5,15

 

SECRETAIRE DE SECTION

 

 

SECTION

           VOIX %
INSCRITS 126  
EXPRIMES 86 68,25
NULS ET BLANCS 3  
     
SELVEZ 83

100

 

 

Ce qui s’est vraiment passé à Reims

 

De la première à la dernière heure du Congrès, Martine Aubry et les délégués de la motion D ont cherché à bâtir une majorité nouvelle, cohérente à gauche, durable et crédible pour le Parti socialiste. Avec une exigence : répondre aux problèmes des Français. Avec une constance : ne pas poser comme un préalable la candidature de Martine au poste de premier secrétaire.

Durant le débat général, les camarades qui se sont exprimés en notre nom (Guillaume Bachelay, Laurent Baumel, Jean-Christophe Cambadélis, Fayçal Douhane, Marilyse Lebranchu, Sandrine Mazetier, Arnaud Montebourg, Alain Vidalies, Henri Weber) ont porté avec force les idées de la motion « Changer à gauche pour changer la France » : le réarmement de la puissance publique territoriale, nationale et européenne face à l’échec des politiques libérales ; la priorité à la question sociale et la défense des salariés, des retraités, des locataires, des jeunes ; l’attachement à l’école de la République et à la laïcité ; le besoin de réorienter l’Europe pour la rendre plus innovante et plus solidaire ; le refus de la présidentialisation du parti et de la droitisation de ses alliances ; le souci de dépasser les anciens clivages dans le parti pour le remettre au travail collectif ; le nécessaire renouvellement des pratiques et des équipes.

A la tribune, les représentants de la motion E ont multiplié les interventions contradictoires, cachant délibérément les soutiens de ce qu’elle appelle le « vieux parti ».

C’est ainsi que pour la première fois depuis Epinay, la fédération des Bouches-du-Rhône n’a pas parlé dans un congrès du PS et que la fédération de l’Hérault a été priée de se faire toute petite. Ce zapping est l’expression de l’absence de clarté de cette motion, qui hésite entre l’ultra-gauche interdisant les licenciements et les discours pour le moins pondérés du maire de Lyon. On ne peut prôner en même temps l’attachement à l’histoire du mouvement socialiste depuis Jaurès et envisager des alliances avec le centre droit pour le futur. On ne peut constater la crise du capitalisme financier et, en même temps, faire largement l’impasse sur les moyens d’obtenir un nouveau partage de la richesse. On ne peut pas prétendre rassembler sa famille devant les militants et, pendant trois jours, la critiquer durement devant les caméras.

C’est dans l’après-midi de samedi que s’est cristallisé la différence non pas entre deux approches du socialisme, mais entre le socialisme et autre chose. Elle s’est matérialisée en direct et devant les 4 000 délégués du congrès à travers les discours : celui de Ségolène Royal d’une part, celui de Martine Aubry, mais aussi ceux de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon, d’autre part.

L’intervention de Ségolène Royal a triplement troublé la majorité du congrès : par son style rhétorique, emprunt de religiosité et de personnalisation, alors que le socialisme démocratique, c’est le refus de la mystique comme politique et le « nous » plutôt que le « je » ; par sa confusion idéologique, ses silences sur la question salariale, sa réduction de la puissance publique à la seule intervention locale ; sa dénonciation implicite et permanente de notre parti réduit au « vieux parti ». Mais c’est sur le terrain stratégique que Ségolène Royal a semé le plus grand trouble : si elle est désignée premier secrétaire, a-t-elle promis, elle procédera à un référendum militant sur les alliances. Comme si les militants et les élus socialistes ne s’étaient pas prononcés clairement le 6 novembre en choisissant, pour 70 % d’entre eux, des motions affirmant noir sur blanc leur refus de tout renversement d’alliances, du renoncement au rassemblement de la gauche au profit d’un pacte avec le MoDem ?

Lui succédant à la tribune, Martine Aubry a incarné tout simplement le Parti socialiste, celui que nous aimons et que nous servons. Un parti qui mène le combat face au capitalisme financier en échec, qui rassemble une gauche forte face à une droite dure. Un parti qui renoue avec le mouvement social, les associations, les syndicats, les mouvements d’éducation populaire, les chercheurs et scientifiques, les intellectuels et le monde de la culture. Un parti qui ouvre les portes et les fenêtres pour porter un projet de transformation sociale, pas pour devenir un fan club applaudissant une ligne politique fluctuante au gré des sondages d’opinion. Un parti qui met la question sociale et la construction européenne au cœur de son projet, non pour les distinguer ni les opposer, mais parce que l’Europe qui protège et qui progresse est la réponse socialiste à la récession économique et au funeste « choc des civilisations » prôné par Bush et d’autres. Un parti qui pense qu’en démocratie médiatique, le rôle des responsables et des militants est de s’adresser aux Français comme à des citoyens doués de raison, pas comme à des consommateurs dont il faudrait exciter les passions, les émotions, les instincts. Un parti qui débat collectivement pour bâtir son projet avec des conventions nationales, qui s’appuie sur les sections et les collectivités locales pour nourrir sa réflexion, qui s’oppose de façon carrée à la casse sociale Sarkozy-Fillon. Un parti qui change en faisant toute leur place au renouvellement générationnel, à la parité, à la diversité, qui s’ouvre sur les quartiers populaires, jette des ponts avec le monde des PME et de l’économie réelle, confronte sa vision avec celle de nos camarades sociaux-démocrates européens. Un parti qui ne calque pas son discours sur l’immigration, la nation, l’Etat sur celui des conservateurs. Un parti qui réaffirme son attachement au rassemblement de toutes les forces de gauche, affirme fièrement ses valeurs pour une gauche décomplexée sans se laisser impressionner par l’extrême gauche, s’adresse aux électeurs et non aux appareils pour les convaincre de voter socialiste afin de tourner la page du chiraco-sarkozysme. Si nous relevons ces défis, si nous les menons à bien, alors le Parti socialiste mettra fin à vingt ans sans victoire présidentielle et à plus de dix ans d’échec aux législatives. Il redonnera un espoir à des millions de Français confrontés au chômage, au déclassement, au démantèlement des services publics, au recul des droits et des libertés. Ce chemin dessiné par Martine a soulevé d’enthousiasme le congrès et a suscité de longs, de chaleureux applaudissements des délégués des motions D, mais aussi A et C.

Cette commune vision de la politique, de la gauche et du Parti socialiste entre amis de Martine Aubry, de Bertrand Delanoë et de Benoît Hamon, nous avons voulu lui donner une traduction politique lors de la commission des résolutions, qui s’est ouverte samedi soir.

Dans le respect de nos différences avec Ségolène Royal et ses partisans – c’était pour nous une évidence. Comme c’est normal, la motion E, arrivée en tête lors du vote sur les textes d’orientation, a eu la possibilité d’organiser le rassemblement autour de ses propositions. Elle s’y employait depuis sept jours sans succès, il était peu probable qu’elle y parvînt en quelques heures. D’autant que loin de rassurer sur des points essentiels – la hausse des salaires et des pensions, le partage de la richesse et la fiscalité, la réorientation européenne, la nature du parti et l’alliance avec le MoDem –, le discours de Ségolène Royal un peu plus tôt avait suscité l’inquiétude des motions A, C et D. En particulier, à propos des alliances, Bertrand Delanoë, Henri Emmanuelli et Alain Vidalies ont répété avec solennité le message fort délivré l’après-midi même par Laurent Fabius : « Ce sont les alliances qui donnent ou qui retirent sa crédibilité à la ligne politique. »

Sur cette base, les motions A, C et D ont donc dit, avec respect mais dans la clarté, leur impossibilité de bâtir une orientation politique à vocation majoritaire autour de la ligne proposée par la motion E. Dès lors, les représentants de celle-ci ont décidé de semer le trouble au sein de la commission en multipliant des provocations. Vincent Peillon a réaffirmé « la main tendue de la motion E » : mais comment croire dans cette intention de rassemblement fondée sur des positions qui divisent le parti sur le smic, la fiscalité, la nature du parti et ses alliances ? A propos du MoDem, la motion E n’a cessé de souffler le chaud et le froid. Quoi de commun entre Vincent Peillon pour qui « les engagements sont clairement avec la gauche », Julien Dray qui évoque « la campagne de Mitterrand en 1988 et l’alliance avec le centre », François Rebsamen qui invite à « ne pas parler qu’avec la gauche pour gagner les élections nationales et locales » et Ségolène Royal qui parle de « malentendu » et propose de « faire synthèse sous cette réserve en faisant trancher plus tard la question par un référendum militant » ? Puis, Ségolène Royal a qualifié « d’étrangeté politique » l’attachement à une clarification idéologique et politique formulée conjointement par les motions A, C et D : par des mots simples et forts, Bertrand Delanoë a eu raison de répondre qu’« il n’y a rien d’étrange à ne pas être d’accord » et que « nos différences sont suffisantes pour qu’elles ne se règlent pas par des amendements. » Faisant l’impasse sur les divergences profondes entre la motion E et les autres motions, Jean-Jack Queyranne a parlé de « procédé scandaleux » : comme si le scandale ne consistait pas à avoir prévu, avant même d’entrer en commission des résolution, de la quitter avant son issue, d’en avoir d’ailleurs prévenu certains médias, de rechercher l’affrontement à l’intérieur pour se poser en victimes à l’extérieur, selon le scénario désormais bien rodé de Ségolène Royal ?

Dès lors, François Hollande, qui présidait la réunion, a constaté l’incapacité de la motion E à rassembler les socialistes et proposé à la motion A, arrivée en deuxième position, de tenter d’y parvenir. La motion E a alors quitté la séance avec fracas, laissant en réunion des « observateurs silencieux », pour s’adresser à la presse à l’extérieur et, une fois de plus, attaquer le Parti socialiste, ses règles et ses discussions démocratiques, et fustiger les représentants des trois quarts des militants n’ayant pas voté pour la motion E quelques jours plus tôt. C’est donc bien la motion de Ségolène Royal et de ses amis qui a empêché la commission des résolutions d’être ce moment de dépassement des clivages et de rassemblement des socialistes.

Avec gravité et esprit de responsabilité, Bertrand Delanoë a proposé une suspension de séance afin que les motions A, C et D puissent s’entretenir afin d’élaborer « une plateforme politique à vocation majoritaire » et un « dispositif humain partagé ». Martine Aubry et Benoît Hamon ont répondu favorablement à cette démarche.

Deux groupes se sont donc constitués. L’un (composé d’Alain Bergounioux et Jean-Pierre Caffet pour la motion A, de Philippe Dariulat et Liem Hoang Ngoc pour la motion C, Jean-Marc Germain et Guillaume Bachelay pour la motion D) a travaillé à l’élaboration d’un texte commun à soumettre le lendemain aux délégués afin de sortir du congrès avec une orientation claire et majoritaire, celle d’un parti réformiste et européen, ancré à gauche dans son programme et ses alliances. Ce document a été rédigé dans un climat de sérieux et de fraternité. Il existe et, avec Martine Aubry, nous continuons d’y être profondément attachés pour le futur : parce qu’il matérialise la possibilité d’une majorité politique pour le parti au lendemain de l’élection du premier secrétaire, parce qu’il s’inscrit dans le prolongement de la nouvelle déclaration de principes votée à l’unanimité en juin dernier.

L’autre groupe n’a pu aboutir, faute d’accord sur le nom du candidat au premier secrétariat qui porterait cette ligne majoritaire et malgré le souci du collectif animant Martine Aubry qui, tout au long de la négociation, a refusé de faire de sa candidature un préalable.

De retour en séance, François Hollande a constaté l’échec du rassemblement des motions A, C et D, le débat sur le nom ayant pris le pas, pour certains, sur l’enjeu de l’orientation. Bertrand Delanoë a confirmé et regretté cet échec. Martine Aubry aussi. Benoît Hamon a maintenu sa candidature. A deux heures et demie du matin, les débats se sont achevés avec, pour les représentants de la motion D, une réelle déception, le sentiment d’avoir privilégié mais sans succès le besoin d’une offre politique claire et commune pour conjurer le risque d’un changement de nature et d’alliances du Parti fondé par François Mitterrand.

Dimanche matin, consciente de la gravité de la situation, soucieuse d’assumer sa responsabilité politique, désireuse de protéger le Parti socialiste que nous voulons – un parti porteur d’une crédibilité de gauche face à un pouvoir de droite –, constatant que la motion A ne désignait aucun candidat, refusant dans cette hypothèse une victoire plus que probable de

Ségolène Royal, , Martine Aubry a annoncé sa candidature au poste de premier secrétaire du Parti socialiste. S’exprimant devant les délégués du congrès, elle s’est inscrite dans la fidélité au message adressé par les militants lors du vote sur les motions : un Parti socialiste fort et fier. Avec émotion, autorité et conviction, Martine a résumé l’enjeu de jeudi été vendredi prochains : « Les militants veulent un parti ancré à gauche, un parti rénové et qui dit : "Non, Monsieur Sarkozy, il n'y pas de liberté sans égalité". C'est cela que je défendrai devant les militants en votre nom et si je peux me permettre en votre nom à tous. »

 

 

ELECTION DU SECRETAIRE NATIONAL - PROFESSION DE FOI DE MARTINE AUBRY

 

Cher-e-s camarades,

Les Français vont mal. Ils sont inquiets pour l'avenir alors que notre pays s'enfonce dans la récession, le chômage et les inégalités. Ils savent que Nicolas Sarkozy les a floués.

C'est en pensant à eux que je me suis engagée dans ce congrès.

Parce que face à une droite dure, il faut une gauche forte. Parce que face à un monde que le capitalisme financier emmène droit dans le mur, nous devons être porteurs d'un nouveau modèle dans lequel la question sociale est au cœur, où l'économie réelle reprend le pas sur la finance et où l'écologie sort des discours pour entrer dans les faits. Il nous faudra défendre les services publics attaqués actuellement par la droite, l'hôpital public et bien sûr la poste, mais il nous faudra en créer de nouveaux comme le service public de la petite enfance ou la prise en charge des personnes âgées dépendantes. Je n'oublie pas le combat pour la laïcité au moment où le président de la République en appelle aux religions avant de qualifier la laïcité de positive pour mieux la disqualifier.

Parce que le 6 novembre, vous avez choisi d'exprimer une double demande d'un Parti fermement ancré à gauche et décidé à ce renouveler. Je regrette avec vous que nous n'ayons pas réussi à nous rassembler à Reims autour d'une orientation. Mais je suis confiante parce que la décision est de nouveau dans vos mains.

J'ai décidé d'être candidate pour être votre première secrétaire, au cœur d'une équipe soudée, engagée, avec de nouveaux visages, une nouvelle génération de militants aux couleurs de nos territoires et de toutes les cultures présentes en France.

Je veux, avec vous, écrire la page d'un socialisme renouvelé, ancré dans la gauche efficace, crédible. La gauche qui assume la réforme et reste fidèle au mouvement ouvrier et aux idéaux des Lumières en retrouvant tout simplement les missions des socialistes : émanciper chaque homme et chaque femme, maîtriser notre présent et préparer l'avenir et faire une vraie civilisation porteuse de fraternité entre les hommes et les femmes quel que soit leur territoire ou leur culture.

Je veux, avec vous, un Parti Socialiste profondément européen.

Je veux, avec vous, rassembler le plus largement autour de cette ligne et de ces objectifs pour notre parti, pour la France et pour l'Europe.

Je veux garder un parti de militants, je veux défendre les alliances avec les seuls partis de gauche.

Je veux en tout état de cause garantir l'unité de notre Parti.
J'y mettrai toute mon énergie et ma passion.
Pour notre réussite.
Pour retrouver un avenir à notre Parti.
Pour redonner l'espoir aux Français.

Martine Aubry

 

 

INTERVENTION DE LAURENT FABIUS

 

Chers Camarades,

J’ai comme chacun d’entre vous écouté la diversité des orateurs. Je sais que chacun d’entre vous attend que nous puissions trouver au moins une majorité. J’ai constaté en écoutant les différentes interventions depuis hier qu’un point au moins parmi nous fait l’unanimité : nous devons nous tourner vers les Français. C’est ce que je vais faire en parlant de la crise.

 

C’est une évidence, pour les deux ou trois ans qui viennent, nous entrons dans une bataille rude sur les analyses de la crise.

Je m’exprime comme cosignataire de la motion de Martine Aubry. Dans notre motion, nous soulignons que la crise avant même d’être financière et technique est économique et sociale, et d’une certaine façon politique.

La question de fond est celle de la répartition des fruits de la croissance entre le capital et le travail. Fondamentalement, c’est parce que l’exigence de rentabilité annuelle du capital a été portée à 10, 15, 20%, chiffre sans rapport avec la croissance moyenne des richesses dans l’entreprise, qu’ont été cherchées des procédures sophistiquées pour sur-rémunérer le capital. Fondamentalement, c’est parce qu’aux Etats-Unis, matrice de la crise sans épargne intérieure, on a convoqué l’endettement immobilier pour compenser la compression des salaires qu’est né le tsunami des fameuses « subprimes ». La course au profit maximum a généré les produits toxiques. La course aux salaires minimums a débouché sur le surendettement. Produits toxiques plus surendettement ont déclenché la crise financière.

C’est pourquoi les éventuelles convergences d’analyses politiques entre la gauche et la droite, avec l’UMP et le modem, n’ont pas de sens. La solution ne peut être comme le propose en effet le modem d’amputer les revenus du travail de 5% au bénéfice du capital.

Une autre crise se profile, plus redoutable encore car elle ne concerne pas seulement le niveau de vie mais la possibilité même de vivre, c’est la crise écologique. Il ne suffira pas d’injecter de l’argent pour l’arrêter : si cette crise éclate on ne pourra pas revenir en arrière. Elle a aussi pour origine l’argent fou, l’argent roi.

Cela fait des années qu’on nous brocarde, nous les régulateurs, nous la gauche européenne, en particulier nous les socialistes français, mais nous avions vu juste. La répartition injuste est largement à l’origine de la crise.

 

De même qu’il y a bataille sur les analyses de la crise, il y aura bataille sur les solutions à la crise. Hier soir, j’ai relu les motions. Elles prennent presque toutes en compte la crise, quoique d’une façon différente, mais elles sont insuffisamment alarmistes sur les conséquences en termes d’emploi. En ce moment même, les entreprises sont en train d’établir leurs projections pour le début de l’an prochain. Elles sont soumises à l’exigence maximum de rentabilité dont j’ai parlé. Beaucoup d’entre elles ont déjà prévu des plans massifs de licenciement. Je les évalue à près de 300 000 suppressions d’emplois. C’est une « horreur économique et sociale » qui se profile, contre laquelle il faut apporter nos solutions, nos réponses.

Il y a d’abord la réponse internationale. En ce moment, se réunit le G20. L’initiative était juste, mais il sera très difficile d’obtenir des réponses efficaces à moyen et long terme. L’Amérique, même gouvernée par le président Obama, acceptera-t-elle d’avoir enfin une épargne intérieure suffisante pour financer son mode de vie sans reporter son endettement sur d’autres ? Est-ce que cet empire et les autres empires, notamment l’empire Chinois renonceront à leurs prérogatives impériales au profit du multilatéralisme ?

Il y a l’indispensable réponse européenne. Nous avons eu des débats sur l’Europe, et dans notre motion nous avons voulu les dépasser en préparant le projet européen pour demain. Nous pensons qu’elle est une des grandes solutions à cette crise, car l’Europe n’est pas un empire ni un projet de domination, mais un projet de civilisation. Nous formulons des propositions européennes sur le nouveau développement pour le XXIème siècle. Il faudra injecter massivement des fonds par le biais de la BERD et de la Banque européenne d’investissement pour relancer et diversifier les économies d’énergie et les énergies renouvelables, favoriser la recherche, les transports collectifs, les infrastructures nécessaires, etc. Il faut aussi que l’Europe pense aux autres continents les plus pauvres à commencer par le continent africain. Ce n’est pas N. Sarkozy, l’auteur du scandaleux discours de Dakar, pour qui « l’homme africain n’est pas dans l’histoire », qui prendra de façon crédible la défense du continent africain.

N. Sarkozy régulateur, peut-être à l’extérieur, mais certainement pas à l’intérieur. Il faudra, à l’intérieur, que nous mettions en cause le paquet fiscal, véritable boulet fiscal. Il faudra que nous donnions priorité à l’augmentation des petites retraites et des salaires, car c’est aussi là que se joue la solution à la crise. Il est bon que nous proposions de supprimer les exonérations de cotisations sociales des entreprises qui n’auront pas conclu d’accord salarial depuis deux ans. Il faut donner la priorité à l’éducation, à la formation, à la recherche, au logement, aux collectivités locales, car c’est cela qui nous permettra de progresser.

Quant aux suppressions d’emplois qui s’annoncent, on ne peut voir arriver cette gigantesque vague sans réagir. Il faudra le faire, sans rétablir l’autorisation administrative de licenciement, par des dispositions provisoires et exceptionnelles sur un moratoire, tenant compte de l’urgence économique et des possibilités de reclassement.

 

La troisième question sur laquelle il y aura débat et même bataille, c’est celle des pouvoirs. On m’a rapporté - je ne sais pas si c’est exact - que quelques jours après son élection, M.Sarkozy a rassemblé à l’Elysée pour dîner certains de ses amis et il aurait dit, à ces amis qui l’avaient aidé à accéder au pouvoir : « maintenant, messieurs, régalez-vous ». Cette formule donne un assez bon résumé du régime. Le sarkozysme, ce n’est pas seulement comme nous le disons souvent, une hyperprésidence, c’est une autocratie. C’est la première fois en France que nous avons un gouvernement du président, par le président, pour le président. Avec les dangers que cela comporte. Ceci est vrai sur le plan financier. Il faudra regarder si les restructurations qui seront opérées du fait de la crise ne se font surtout au profit de quelques uns. Il faudra refuser l’autocratie audiovisuelle qui est en train de se mettre en place. Si, malgré tout, la future loi audiovisuelle est votée, il faudra s’engager à revenir sur elle lorsque nous reviendrons aux responsabilités. Et puisqu’un mouvement est engagé non pas - ce qui est concevable - pour réformer les institutions mais pour charcuter les institutions, il faudra être très ferme. Cette réforme vise en réalité à affaiblir les chances de la gauche d’opérer une alternance en France. Ah, le rêve de la droite ! Des régions de gauche devenant mécaniquement des régions de droite ! Des départements de gauche devenant des départements de droite ! Des élus traités comme des boucs émissaires, privés de ressources et accablés de charges. Non, nous ne laisserons pas la possibilité de l’alternance être ainsiremise en cause. Réunissons-nous après ce Congrès des Etats généraux des collectivités locales, pour dénoncer et préparer.

 

Bataille des analyses, des solutions, des pouvoirs.

Enfin, il y a la question des alliances. On nous dit : ce n’est pas d’actualité. Si ! Un Congrès, c’est fait pour choisir une ligne politique ce qui est inséparable des alliances. Ce sont les alliances qui donnent ou qui retirent sa crédibilité à la ligne politique. J’ai entendu Bertrand Delanoë et j’ai lu la motion de Benoît Hamon. Je veux leur dire sur les alliances notre accord. Nous devons dire explicitement que nous revendiquons l’ancrage à gauche et refusons l’alliance au centre.

Comme vous j’ai participé à beaucoup de Congrès. Les congrès socialistes n’ont jamais transigé sur la nécessité de l’ancrage à gauche. Il s’agit là de notre conviction profonde, il s’agit là de notre identité, il s’agit de la seule stratégie gagnante.

 

 

VOTE DES MOTIONS : RESULTATS

 

SECTION DE MONTCEAU-LES-MINES

 

INSCRITS :

128

 
VOTANTS : 84 65,63 %
EXPRIMES : 84  
     
MOTION A : B. DELANOE 7 8,33 %
MOTION B : POLE ECOLOGIQUE 2 2,38 %
MOTION C : B. HAMON 25 29,76 %
MOTION D : M. AUBRY 41 48,80 % 
MOTION E : S. ROYAL 8 9,52 %
MOTION F : UTOPIA 1 1,19 %

 

FEDERATION DE SAONE-ET-LOIRE

 

INSCRITS :

2 119

 

Siège Conseil Fédéral

VOTANTS : 1 336 63,05 %  
EXPRIMES : 1 292    
       
MOTION A : B. DELANOE 267 20,66 % 9 élus
MOTION B : POLE ECOLOGIQUE 18 1,39 % 2 élus *
MOTION C : B. HAMON 217 16,79 % 7 élus
MOTION D : M. AUBRY 614 47,52 %  20 élus
MOTION E : S. ROYAL 160 9,52 % 3 élus
MOTION F : UTOPIA 16 1,23 %  

* Le congrès fédéral a décidé de redistribuer les 2 sièges laissés vacants par la motion E (faute de candidats) à la motion B.

 

Les élus au conseil fédéral :

  • Motion A : Benjamin GRIVEAUX, Chalon - Philomène BACCOT, Digoin - André BILLARDON, Le Creusot - Marie-Françoise Muller, Louhans - Olivier GUILLEMIN, Macon - Michelle BERAUD, Saint-Gengoux - Rémy REBEYROTTE, Autun - Françoise VERJUX, Chalon - Eric COMMEAU, Montceau.
  • Motion B : Sophie CHARRIERE, Cluny - Sylvain THEVENOT, Chauffailles.
  • Motion C : Nicole ESCHMANN, Macon - Jean-Michel LABONNE, Cluny - Patricia BACI, Lugny - Bertrand DETOURNAY, Charnay - Serge BORNET, Le Creusot - Christian BAUDRION, Macon - Bernard MILLET, Cluny.
  • Motion D : Jérôme DURAIN, Chalon - Evelyne COUILLEROT, Le Creusot - Thomas THEVENOUD, Montceau - Véronique FOUILLOUSE, Tournus - Dominique LOTTE, GUEUGNON - Nicole CLEMENT, Macon - Philippe BAUMEL, Le Creusot - Michèle DILLY, Chagny - Rémi CHAINTRON, Louhans - Laurence FLUTTAZ, Chalon - Laurent SELVEZ, Montceau - Joëlle HYTHIER, Macon - Jean-Paul DRAPIER, Bourbon - Fanny PETTON, Champforgeuil - Jean-Jacques SCHULLER, Autun - Evelyne PETIT, Saint-Rémy - Daniel AUDUC, Montchanin - Agnès VAILLANT, Sennecey-le-Grand - André PROST, Macon - Florence ROGNARD, La Chapelle de Guinchay.
  • Motion E : Vincent MULLER, Macon - Florence GENESTIER, Cluny - Christian PICQUE, Couches. 

Les trois députés, Didier MATHUS, Montceau - Arnaud MONTEBOURG, Louhans et Christophe SIRUGUE, Chalon, sont également membres du conseil fédéral.

20 membres restent à désigner par les secrétaires de sections, après le 20 novembre.

 

RESULTATS NATIONAUX

 

INSCRITS :    
VOTANTS :    
EXPRIMES : 130 486  
     
MOTION A : B. DELANOE 32 942 25,24 %
MOTION B : POLE ECOLOGIQUE 2 075 1,59 %
MOTION C : B. HAMON 24 162 18,52 %
MOTION D : M. AUBRY 31 734 24,32 %
MOTION E : S. ROYAL 37 941 29,08 %
MOTION F : UTOPIA 1 632 1,25 %

 

 

 

RAPPORT NATIONAL : RESULTATS

 

SECTION DE MONTCEAU-LES-MINES

 

INSCRITS :

128

 
VOTANTS : 84 65,63 %
EXPRIMES : 83  
     
POUR 39 46,99 %
CONTRE 18 21,69 %
ABSTENTION 26 31,33 %

 

FEDERATION DE SAONE-ET-LOIRE

 

INSCRITS :

2 119

 
VOTANTS : 1 336 63,05 %
EXPRIMES : 1 336  
     
POUR 648 48,50 %
CONTRE 238 17,81 %
ABSTENTION 451 33,76 %

 

 

 

 

RAPPORT FEDERAL : RESULTATS

 

SECTION DE MONTCEAU-LES-MINES

 

INSCRITS :

128

 
VOTANTS : 84 65,63 %
EXPRIMES : 82  
     
POUR 48 58,54 %
CONTRE 11 13,41 %
ABSTENTION 23 28,05 %

 

FEDERATION DE SAONE-ET-LOIRE

 

INSCRITS :

2 119

 
VOTANTS : 1 336 63,05 %
EXPRIMES : 1 336  
     
POUR 966 72,31 %
CONTRE 97 7,26 %
ABSTENTION 273 20,43 %

Le rapport fédéral est adopté.

 

 

 

 

LES MOTIONS

MOTION A : BERTRAND DELANOE

"Clarté, Courage, Créativité : Une gauche conquérante pour redonner un espoir à la France"

www.clarte-courage-creativite.com


Motion A : Bertrand Delanoë
par PartiSocialiste

LIRE LA MOTION

Signataires 71 :

André Billardon (Maire) - Benjamin Griveaux (VP Cons. Gen.)


MOTION B : POLE ECOLOGIQUE

"Face à l’urgence sociale et écologique - Pour un Parti Socialiste résolument écologique"

monpoleecologique.fr


Motion B : Christophe Caresche
par PartiSocialiste

LIRE LA MOTION

Signataires 71 :

Sophie Charrière (Maire Adj.) - Sylvain Thévenot - ...


MOTION C : BENOIT HAMON

"Un monde d’avance, Reconstruire l’espoir à gauche"

www.unmondedavance.eu


Motion C : Benoît Hamon
par PartiSocialiste

LIRE LA MOTION

Signataires 71 :

Conchita Aguilar - Patricia Baci - Serge Berger - Alain Berniquet - Laurent Bornert - Serge Bornet - Jean Chanrion - Pascal Chautemps - Claude Chermain - Françoise Chevrot - Richard Debat - Jean-Pierre Eschmann - Nicole Eschmann - Pierre-Luc Ferrier - Bernard Fredon - Sandra Fuster - Christiane Gallix - Dominique Gallix - Jean-Michel Labonne - Denis Lebeau - Michel Mercier - Bernard Millet - Jean Mortet - Jean-Pierre Puiraveau - Liliane Puiraveau - Lucienne Robert - Jean-Marie Sanchez - ...


 

MOTION D : MARTINE AUBRY

"Changer la gauche pour changer la France"

www.changeragauche.net


Motion D : Martine Aubry
par PartiSocialiste

LIRE LA MOTION

Signataires 71 : 

Arnaud Montebourg (Député - Pres. Cons. Gen.) - Didier Mathus (Député Maire) - Jérôme Durain (1er Secrétaire Fédéral) - Philippe Baumel (VP Cons. Reg. - Maire) - René Boucansaud - Rémi Chaintron (VP Cons. Gen. - Maire) - Evelyne Couillerot (VP Cons. Gen.) - Colette Falantin-André - René Fortin - Véronique Fouillouse - Marie-Chantal Génemaux  - Didier Jobert - C. Lantoine - Antoine Marzio - Joëlle Marzio (VP Cons. Gen.) - Hervé Mazurek (Adj.Maire) - Marie-Thérèse Saulnier - Laurent Selvez (Adj. Maire) - Pierre Terrier - Thomas Thévenoud (VP Cons. Gen.)

 


MOTION E : GERARD COLLOMB

L’espoir à gauche, fier(e)s d’être socialistes

 


Motion E : Gérard Collomb
par PartiSocialiste

LIRE LA MOTION

Signataires 71 :

V. Müller - ...

 


MOTION F : UTOPIA

Socialistes, Altermondialistes, Écologistes

www.mouvementutopia.org


Motion F : Franck Pupunat
par PartiSocialiste

LIRE LA MOTION

Signataires 71 :

Claude Grillet - Marie-Noëlle Pras - ...

 

DECLARATION DE PRINCIPE



LIRE LA DECLARATION

 
 

 

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